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Arnaud GICQUEL

Entraîneur du Pôle France de Roller Skating

 




Bonjour. Peux-tu s’il te plait te présenter et présenter ta fonction avec les roller du C.E.N.S ?

Je m’appelle Arnaud Gicquel et je suis le coordonnateur du Pôle France Roller qui compte dans ses rangs 7 athlètes scolarisés au CENS.

 

Tu es en place à ce poste depuis combien de temps ?

Je suis à ce poste depuis bientôt 4 ans.


Peux-tu nous décrire ton parcours sportif ?

J’ai été en équipe de France sénior pendant 15 ans de 1990 à 2004. J’ai remporté, avec le maillot de l’équipe nationale,  4 titres de champion du Monde ainsi que de nombreux titres de champion d’Europe. J’ai également remporté deux fois les Jeux Mondiaux. Durant mes 5 dernières années de carrière, j’étais plus spécialisé dans les marathons. Sous les couleurs d’une équipe professionnelle, j’ai  remporté la Coupe du Monde des marathons en 2001. En 2007, j’ai été sacré sportif français du siècle en roller course lors du centenaire de la Fédération.

 

Quel est le programme sportif d’une semaine type pour tes élèves athlètes ?

Les athlètes du Pôle s’entraînent 9 fois par semaine et jusqu’ à 12 fois pour la préparation des championnats internationaux quand l’année scolaire est terminée. L’aménagement de la scolarité nous permet de nous entraîner deux fois le mardi, le mercredi et samedi.


Quelle est l’importance du matériel dans la pratique du roller de haut niveau ?

 Nous utilisons un matériel très pointu qui influe sur la performance. Les chaussures sont faites d’un mélange de carbone et de fibre de verre et sont sur mesure à partir du moule des pieds. Elles ont besoin d’être très rigides. Les platines (partie où sont attachées les roues) sont réalisées soit en carbone, soit en aluminium. Les roulements, pour les tous meilleurs sont en céramique. Pour finir, les roues ont une énorme importance. Elles comportent  une partie centrale appelée noyau (plus ou moins rigide) sur lequel s’accroche deux bandes de polyuréthane superposées. Selon les duretés utilisées, la roue  a plus ou moins de roulage et d’accroche.


Quelles sont les spécificités du roller de compétition ?


En roller de course, les athlètes ont besoin d’être très polyvalents. Les patineurs ont besoins d’être rapide car les courses se jouent beaucoup au sprint en raison du phénomène d’aspiration que procure le peloton. Par ailleurs, les courses de fond sont très intenses car mis à part les marathons qui se courent en 1H, les autres durent entre 13 et 30 minutes et sont ponctuées de sprints intermédiaires (courses à points) ou d’éliminations (course à élimination). De ce fait, nous faisons beaucoup de travail en intervalle plus ou moins long. Les distances de sprints, quant à elles se courent entre 15 et 40 secondes.
Egalement, la technique individuelle tient également une grande part dans la performance. Elle doit s’acquérir très jeune si bien qu’aucun athlète de niveau international commencé après 10 ans. Comme en cyclisme, le roller est aussi parfois un sport d’équipe car avoir de bons coéquipiers est très important pour remporter un championnat international. De ce fait, le choix des tactiques est primordial.

 

Toutes les différentes filières sont touchées dans le roller de haut niveau. Comment les travailles-tu à l’entraînement ?

Nous travaillons toutes les filières car nous avons besoin d’être rapide et résistant.
Sur une semaine type nous réalisons 2 séances de musculation ou pliométrie, 1 séance de sprint pur, 1 séance d’endurance de vitesse, 2 séances d’endurance (foncier régulier) et 3 séances d’intervalles plus ou moins longs. Avant les objectifs de la saison, nous ajoutons des exercices purement lactiques. Ce n’est qu’un exemple car la préparation est individualisé selon que vous soyez fondeurs ou sprinteurs et selon les objectifs de chacun.

 

Avec ton expérience et ton vécu, peux-tu nous expliquer comment le roller a évolué depuis ces 20 dernières années ?

 Il y a 20 ans, c’était le début du roller en ligne, avant cela tout le monde patinait en quad (« patin à roulettes »). L’arrivée de ce nouveau matériel a permis de créer un marché de masse et d’internationaliser encore plus la discipline. De ce fait, à la fin des années 90, le sport a connu une professionnalisation avec l’arrivée de gros marathons populaires et la mise en place d’équipes « semi-professionnelles » surtout soutenues par les marques de roller. J’ai eu la chance de vivre cette époque.  Malheureusement, avec la crise et la fin de l’engouement du roller comme nouvelle discipline, les athlètes, depuis 5 ans, sont moins soutenues par les partenaires. Le roller est dans une phase de stabilisation et de réorganisation. Même moins nombreux, les gros événements populaires de roller comme les 24H du mans ou le marathon de Berlin attirent entre 5000 et 8000 participants. Par ailleurs, globalement, le nombre de pays présents aux championnats du monde est en augmentation.

 

Parle-nous des résultats de tes sportifs pour cette saison ?

La saison bat son plein. Les championnats de France route et pistes se sont globalement bien déroulés avec 3 athlètes champions de France en cadet, junior et sénior. Ces trois patineurs participeront prochainement aux championnats d’Europe avec l’équipe de France. L’objectif principal restera la préparation des championnats du monde qui se tiendront en Belgique fin août.

 

Un mot, une phrase, une citation que tu répètes à tes jeunes ?

Pour réussir, il faut se donner les moyens de ses objectifs. Ainsi, j’attache beaucoup d’importance à la notion de travail dans le sport comme dans la vie. C’est une des valeurs que j’essaie de leur inculquer. Ce n’est pas un gage de réussite mais un préalable,  ensuite la capacité de surpassement, la volonté et …le talent feront ou non que certains deviendront des champions.

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