Matthieu BIDEAU

//Matthieu BIDEAU

Interview du mois de novembre 2012: Matthieu Bideau qui assure les fonctions de responsable du recrutement au sein du Centre de formation du FC Nantes.

Bonjour Matthieu, si je te dis « stade de la cavale blanche », à quoi penses-tu ?

Le stade de la cavale blanche reste pour moi le lieu de superbes souvenirs lors de mes années en STAPS à la faculté de Brest. Un stade certes froid, isolé et impersonnel mais que de bons moments passés là bas avec mes collègues de fac pendant 4 belles années !

Comment as-tu réfléchis et construis ton parcours ? Quel regard portes-tu aujourd’hui sur celui-ci ?

Honnêtement, après mon échec sportif au centre de formation du FC Nantes à l’âge de 17 ans, j’ai suivi les « ordres » de mes parents. Il s’agissait alors de retrouver rapidement une vie « normale ». J’aurais préféré à ce moment là tenter une autre aventure sportive de haut niveau, comme n’importe quel adolescent passionné ! Pour autant, Je leur en suis aujourd’hui reconnaissant. Au vue de ma jeunesse très sportive il me semblait logique de m’orienter en STAPS. J’ai eu mon CAPEPS à 21 ans et, dans la foulée, j’ai été muté à Pierrefitte sur Seine dans le département de la Seine Saint Denis. De supers et vrais bons moments d’enseignements dans un cadre « extraordinaire ». Parallèlement, le FC Nantes a fait appel à moi en qualité de bénévole dans l’observation des jeunes en banlieue parisienne. Dès lors, chaque année, mon statut a évolué dans le bon sens grâce notamment aux jeunes recrutés et performants à La Jonelière (Nego, Sasso, Carole, Iloki …) jusqu’au jour où, la direction du club m’a demandé de me mettre en disponibilité de l’Education Nationale afin d’occuper un poste à responsabilité au sein du club. Je suis très heureux et fier, 15 ans après être « sorti par la petite porte » du FCN, d’être le responsable du recrutement pour le centre de formation de ce monument du football français. Avec du recul, je me dis très sincèrement et sans démagogie que, si j’en suis là, c’est grâce à deux choses : A mon éducation en premier lieu puis, à l’exigence que m’ont inculqué mes parents sur le plan scolaire. Mon cheminement est simple : Si je n’avais pas été performant à l’école, je n’aurai jamais pu devenir enseignant et donc, jamais, je n’aurai eu la chance de vivre en banlieue parisienne. Par conséquent, à aucun moment, le FC Nantes n’aurait fait appel à moi et bien évidemment je n’aurai pas le poste que j’occupe aujourd’hui. Si j’en suis là c’est grâce à l’école, clairement !

Peux-tu nous présenter en quelques mots ton métier et l’importance de ta mission au sein du FC Nantes ?

Mon métier consiste, en priorité, à gérer 6 recruteurs qui vivent dans des régions bien ciblées. Je me déplace pour valider, ou pas, leurs observations. Ma responsabilité première réside dans le choix des jeunes : Si je me trompe, vu la durée des contrats que l’on propose aujourd’hui aux jeunes, on ne rattrape pas « le coup » du jour au lendemain … Les coaches ne peuvent faire d’un âne un pur sang ! Quand on connaît l’importance historique de la formation des jeunes footballeurs au FC Nantes, je vous avoue ne pas passer que des nuits tranquilles. L’autre facette de mon métier consiste à anticiper au quotidien les « petits soucis » extra sportifs de nos jeunes. Je me situe en effet au carrefour entre les coaches, les jeunes et leurs parents que je connais depuis souvent très longtemps et pour lesquels je reste un contact proche, privilégié et abordable.

Tu as fréquenté pendant quelques années le C.E.N.S. Qu’en retires- tu ? Que peux-tu en dire ?

L’I.N.E.S., ancienne appellation du C.E.N.S., reste pour moi un vrai formidable souvenir. Une proximité réelle et efficace avec les enseignants, une école « au contact », une école « famille », une école « à l’écoute », une école « du partage » … Voilà comment je qualifierai le CENS. Les enfants qui ont la chance d’intégrer cette structure sont des privilégiés. Je peux vous dire qu’entre mon collège Gustave Courbet à Pierrefitte au sein duquel j’ai enseigné 5 ans et le C.E.N.S., il y a un monde dans la qualité de transmission effective du savoir, et ce pour une tonne de raisons. Celui qui ne réussit pas au CENS ne peut s’en prendre qu’à lui même et à personne d’autre. Franchement !

« Ne soyez jamais, devenez sans cesse… ! » : Que penses tu de ce précepte ?

Ce précepte est une vérité absolue. Mais comme toute vérité on se la cache parfois car il est plus simple de faire autrement. Seules les personnes exigeantes avec elles-mêmes, volontaires, capables de s’auto-évaluer objectivement peuvent parvenir chaque jour à progresser. Je tâche de le faire mais, comme tout à chacun, j’ai mes moments de faiblesse et de profonde remise en cause. Chercher à progresser quand on est « installé » n’est pas aisé, heureusement Samuel Fenillat, notre directeur de centre de formation, est un modèle de perfectionnisme et constitue à ce titre un bel exemple à suivre !

Quels sont les objectifs cette année avec les jeunes athlètes du centre de formation du FC Nantes ?

L’objectif numéro 1 reste de voir apparaître à La Beaujoire de nouvelles têtes ! Avec une montée en Ligue 1 bien évidemment dont nous rêvons tous ! Si en plus de cela, notre équipe réserve accède à la CFA et que nous parvenons à nous qualifier pour les phases finales en 19 ans et 17 ans nationaux alors je serai le plus heureux de tous les responsables du recrutement de l’hexagone !

Que souhaites-tu ajouter ?

J’aimerai ajouter qu’au fil du temps je me suis aperçu d’une chose simple… Quand tu es adolescent, un tas d’adultes, à commencer par les parents, commencent leurs phrases par des solennels « tu verras quand …. » ou « avec le temps tu te rendras compte de… » … Et bien, je conseille à tous les jeunes du C.E.N.S. d’ingurgiter ces conseils avec un grand appétit ! A aujourd’hui 32 ans, je me rends compte que tous ces adages maintes fois répétés se sont avérés parfaitement exacts … J’aimerai que nos jeunes se les approprient avec plus de considération encore que je n’ai pu le faire par le passé !
2018-10-03T15:20:30+02:00