Yann GUYADER

//Yann GUYADER

Venu spécialement d’Italie où, désormais, il réside et travaille, Yann GUYADER, légende du roller-skating, nous a fait l’honneur et l’amitié de sa visite le 1 er février 2018 à l’occasion du forum emplois/métiers organisé dans l’établissement. 

Tu possèdes l’un des plus beau palmarès en matière  de roller skating à haut niveau avec notamment 4  titres de champion du monde – 16  titres  de champion d’Europe – plus d’une vingtaine de  titres de champion de France  et de nombreuses victoires dans la spécialité du marathon. Avec désormais du recul, quel regard portes-tu sur ces extraordinaires performances sportives ?

7 ans après l’arrêt de ma carrière professionnelle et 1 an après l’arrêt complet de la compétition, je crois qu’au-delà des résultats intrinsèques, c’est l’aventure de sportif de haut niveau que je retiens de ces  20 années de roller.

Les résultats ont bien entendu été au-delà de mes espérances et je n’en conserve  que de bons souvenirs. L’aventure quant à elle, a été extraordinaire !

Vivre de sa passion, qui plus est dans un sport dit mineur, au quatre coins du monde reste le fait le plus marquant. J’ai vécu en Colombie 3 ans et ai eu la chance de côtoyer des personnes extraordinaires aussi bien sportivement qu’humainement dans bien des pays.

Quel est ton meilleur souvenir en compétition ? Ta plus grande déception ?

Je n’ai finalement pas de meilleur souvenir. Plusieurs victoires me reviennent, mais j’aurais du mal à en choisir une.

La plus grande déception ? C’est clairement ma non-participation au marathon du championnat du monde  2012, lors d’une saison où je dominais le circuit mondial. J’avais décidé de ne plus participer aux courses traditionnelles après un dernier titre de champion du monde obtenu en 2011. Cependant, j’avais à coeur de gagner le titre sur le marathon. Malgré des critères de sélections remplis, je n’ai pas été convié…

Si ce parcours était à refaire, t’y prendrais tu différemment ?

Même avec toutes les erreurs que mon parcours comprend, je referais exactement la même chose ! C’est avant tout un postulat philosophique, puisque je reste persuadé que si j’ai fait les choses ainsi, c’est exactement parce que cela me correspondait. Beaucoup de mes choix étaient à contre-courant, mais cette singularité me qualifie et je pense qu’inconsciemment je la cultive.

Tu as été scolarisé au CENS durant plusieurs années. Tu as obtenu notamment dans cette école un BTS.  En quoi le modèle proposé s’est avéré  important voire décisif dans la construction de ta trajectoire ?

C’est pour moi l’élément clé de ma reprise d’études post-Bac. Après des années d’errance en FAC, j’avais besoin d’un cadre et je pense que sans l’aide que la structure m’a fourni, je n’aurais pas été en mesure de mener à bien le double projet. J’ai par la suite fructifié cette expérience en validant deux licences et un Master. C’est d’ailleurs pour cela que je garde un très bon souvenir de mes deux années au sein de l’établissement et que je me réjouis de voir que l’aventure continue pour les champions de demain.

Comment as-tu envisagé et travaillé ta transition professionnelle ?

Je dois avouer que ma projection dans ce nouveau monde a été somme toute tardive et que j’ai eu la chance, ou la volonté d’ailleurs, de m’y pencher sérieusement avant que ma carrière n’aborde son dernier tournant.  Cela m’a permis d’appréhender aussi bien la fin de carrière que cette nouvelle vie à venir avec beaucoup de sérénité ! Lors de mes dernières années à roulettes, je me suis préparé. Cela m’a permis  de gérer la peur de l’éventuel vide d’après-carrière et d’anticiper la reconversion. C’est malheureusement ce qui a causé bien des malheurs pour mes ex-compagnons.

Tu t’es spécialement déplacé d’Italie pour venir rencontrer aujourd’hui les athlètes qui se questionnent sur leur orientation future ? Quel sens donnes- tu à ta présence ?

Je crois qu’il est important, si ce n’est fondamental pour les jeunes athlètes,  de savoir que la vie de sportifs de haut niveau peut aussi être couronnée de succès (aussi relatif soit-il) en dehors des terrains sportifs. C’est pour moi une manière de témoigner de ma reconnaissance envers l’établissement et toute son équipe éducative.

S’il n’y avait  qu’un seul message à retenir de ton intervention auprès de nos athlètes, quel serait-il ?

Comme dans votre carrière sportive, allez au bout des choses dans tout ce que vous entreprenez. Le travail ne paie que s’il est mené à bien !

Que pouvons-nous te souhaiter dans ta nouvelle vie ?

De continuer à m’amuser dans ce que je fais et surtout d’avoir la chance un jour de revenir vivre à Nantes.

2019-02-22T08:51:47+01:00